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Christophe MOUILLET PDF Imprimer Envoyer
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Tout d'abord, je tiens à vous féliciter pour votre travail qui est de grande qualité. Vos oeuvres, très originales, témoignent d'une grande aisance dans les techniques de forge. Depuis combien d'années faites vous la sculpture et comment cela a-t'il commencé ?
Merci pour vos encouragements. Je sculpte de façon régulière depuis une dizaine d’années. J’ai d’abord été attiré par le matériau suite à une visite dans une école des compagnons du devoir. J’ai ensuite concilié mon attrait pour le métal avec une incorrigible nécessité de créer.

La musique semble être une source récurrente d'inspiration. Jouez-vous d'un instrument ?
J’ai un trop grand respect pour les musiciens pour prétendre jouer d’un instrument. La musique m’accompagne chaque fois que je pénètre dans mon atelier. Je suis, à ce niveau, assez écliptique Mozart côtoie sans difficultés…

Quel est le point de départ de vos créations ? Faites-vous des croquis ?
J’ai appris à dessiner en sculptant. Très vite m’est apparu la nécessité de coucher sur le papier les croquis de ma future création. Cela me permet de travailler les proportions. Pour le reste, je me soumets à l’inspiration du moment. Le croquis me permet de tracer les grandes lignes du sujet que je veux traiter.Je suis toujours étonné d’arriver à un résultat qui correspond à ce que j’avais projeté au départ. Je n’ai aucune certitude quand je travaille et j’ai du mal à déterminer à quel moment une pièce doit quitter l’atelier ! On entend souvent parler d’artistes qui créent dans la douleur mais pour moi, c’est mettre fin à l’acte créatif qui est douloureux…

Est-ce que vous avez des maîtres qui vous inspirent dans votre passion ?
Si je vous réponds BRANCUSI et GIACOMETTI je ne vous étonnerai certainement pas mais PICASSO est aussi, pour moi, un incontournable ! En fait, je puise mon inspiration aussi bien auprès des grands maîtres que des artistes moins connus que je croise dans les expositions. Plus précisément, j’essaye de retranscrire des émotions que chacun a pu rencontrer à travers des actes quotidiens et les œuvres qui m’ont touchées viennent impacter sur la manière de retranscrire, rarement sur le sujet…

Avez-vous beaucoup de commandes ou est-ce que vous faites la majeure partie de vos oeuvres pour le plaisir ?

Je ne travaille pratiquement jamais sur commande. La majeure partie de mes pièces existe parce que j’avais besoin qu’il en soit ainsi. S’exprimer à travers la création artistique revient nettement moins cher qu’une thérapie et est aussi efficace ! Je dois mon équilibre à mon activité artistique, ce qui est déjà beaucoup.

Est-ce que vous vivez entièrement de votre art aujourd'hui ?
Non, je ne vis pas de mon art, je n’ai malheureusement pas le temps de participer à de grandes expositions et de me faire connaître. Il est évident que si je pouvais passer l’intégralité de mon temps dans mon atelier je n’hésiterai pas une seconde. Un jour peut-être…

Qu'est ce qui est le plus difficile dans l'apprentissage et la pratique de votre art ?
J’ai appris de façon empirique et j’ai beaucoup observé et beaucoup lu. Le travail des métaux demande des connaissances de bases incontournables. Certaines maladresses de débutants laissent des traces indélébiles sur le corps (l’acier est chauffé à plus de milles degrés). Très vite on apprend à se protéger l’acier devient alors un matériaux relativement facile à travailler ; il suffit de le respecter.

Est-ce que vous avez pensé à donner des cours dans votre atelier ou dans une école ?
J’ai été sollicité mais je n’ai toutefois jamais donné suite car le temps manquait toujours…

Avez-vous des expositions de prévues cette année ?
J’expose régulièrement en galerie ou dans des expositions. J’ai du mal à me projeter alors je réponds à certaines invitations en fonction de mes disponibilités.

Comment réagit votre public en voyant vos oeuvres ?
J’ai mis longtemps avant de présenter mon travail… J’ai obéi aux pressions exercées par mon entourage. Ma première exposition a eu lieu à Carcassonne, ville ou je suis né ; ce fût par pur hasard ! Le public a été accueillant ainsi que le jury et cela m’a poussé à poursuivre. Chaque exposition est pour moi l’occasion d’échanger avec les artistes et le public. Je dois reconnaître que les réactions sont très positives ; j’espère que mon travail permet à certains de ressentir une partie des émotions qui m’ont parcourues lors de la création ; ce que je crois arriver à faire, de temps en temps…

Propos recueillis par Pascal Caillens, le 21 avril 2011.