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Michel MICHAUX PDF Imprimer Envoyer
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Au début de votre carrière, vous faisiez plutôt dans le réalisme, des représentations de la faune, de la flore, de thèmes diversifiés... mais toujours de façon réaliste. Qu'est-ce qui vous a amené vers le surréalisme ?

J’ai commencé à peindre vers 1949, un peintre local, professeur de dessin, m’a initié aux rudiments de peinture et jusqu’en 1956, j’ai dessiné et peins ce que je voyais. Pendant mes années d’architecture et d’académie, j’ai eu des contacts, d’abord avec les autres élèves puis avec des peintres «  en place «  et mes créations ont été modifiées selon les influences de l’un ou de l’autre. A partir de 1961, j’ai voulu me retrouver en face de moi-même et je me suis installé à Tourrettes-sur-Loup, sur la Cote d’Azur, j’ai pu aborder une peinture surréaliste et abstraite à la fois mais qui conservait malgré tout une base naturaliste. M’étant marié en 1964, la nécessité de trouver un métier qui fasse vivre le ménage devenant impérative, j’ai repris l’architecture et été submergé par cette activité,en 1971, de retour en Belgique, j’ai visité les expositions  de Liège, Charleroi, Bruxelles … et ai repris la peinture, mes idées avaient évolués vers la création pure et en 1974, une rencontre avec le peintre RANZY ( Charleroi, Belgique) m’a ébloui : sa peinture reprenait des paysages ou des éléments de la vie courante qu’il incorporait dans un monde surréaliste avec une perfection de travail digne des grands maîtres.Cette rencontre a été le point de départ de ma peinture surréaliste. Elle a été complètée par l’étude de Magritte ( et sa rencontre), de Dali, de Van Den Abeel ( autre peintre belge).


Lorsque nous regardons de près vos oeuvres surréalistes, on ressent beaucoup le côté festif et des mises en scène bien orchestrées mais au-delà de cela, on y découvre des symboles dont la signification dépasse un peu notre entendement. Est-ce que vous réalisez tout de manière consciente ou est-ce qu'il y a des oeuvres qui viennent totalement de votre imaginaire, de votre subconscient ?

Lorsque je crée une œuvre, je commence toujours par un rapide croquis d’une idée qui surgit d’une conversation, de la vue d’un paysage, de la visite d’une exposition… et quand je m’installe devant mon chevalet l’idée a fait son chemin, elle s’est développée, un thème surplombe l’ensemble et le dessin final prend un aspect tout autre ,je cherche à faire comprendre un thème et lorsque je passe à la peinture, les modifcations  continuent pour que les tons utilisés renforcent l’aspect émotionnel. Mais je n’ai jamais d’œuvre préconçue, la création dure tout le temps de la réalisation.


Pouvez-vous nous décrire le symbolisme d'une de vos oeuvres surréalistes ?

Etant donné que le symbole vent pendant et surtout en fin de création puisque je ne «  pré-conçois » pas une œuvre, je ne peux que vous expliquer ce que je ressens. Prenons, par exemple, « L’Espoir Acheminé. » cette œuvre représente pour moi l’appel catastrophique des nombreuses races animales en voie de siparition. Mais c’est une impression personnelle et je dois avouer que je crée mais il m’est difficile d’expliquer une œuvre.

De toutes les rencontres que vous faites avec les grands artistes du 20ème siècle, quelle est celle qui vous a le plus marqué et pourquoi ?

L’influence des grands artistes que j’ai rencontré m’a marqué sur le coup mais je me suis empressé de sortir de cette influence pour ne pas faire du sous-dali, sous-magritte …et après chaque visite ou rencontre, je m’arrangeais pour rencontrer un ami peintre débutant comme moi pour en parler, essayer d’en tirer les qualités ou les défauts, Ranzy m’a fortement marqué mais je crois que c’est plus la perfection de son travail que ses idées, bien que pendant près d’un an, j’ai fait du sous-ranzy comme cette œuvre :

Vous avez exposé à la Fondation Maeght, à Saint Paul, et vous avez connu Monsieur Maeght qui vous a, dit-on, donné de très bons conseils. Ceux-ci étaient liés à votre style, votre technique ou étaient-ils plutôt d'ordre stratégique (commercialement parlant) ?

En 1960, le Musée Maeght était en construction et en voie d’achèvement, il était à 7 klm de mon atelier et je me suis décidé à demander un entretien avec  Monsieur Maeght, j’ai été prévenue de son arrivée et de son accord de me recevoir, je suis allé à la Fondation avec une dizaine d’œuvres  qu’il m’a demandé d’installer dans une salle. Il m’a demandé de revenir le lendemain.Lors de cette seconde visite, il m’a conseillé d’approfondir mes idées en exploitant le coté naturaliste mais sans tomber dans l’œuvre animalière, il m’a donné son avis sur la qualité de mes couleurs, de mes formes et des idées qui sortaient de mes créations. Il ne m’a pas parlé en tant que galériste.


A partir de quel âge avez-vous pu commencer à vivre de votre art et comment cela a t'il été possible d'après vous ? Je pose cette question car elle peut intéresser et encourager beaucoup d'artistes dans leur parcours...

Il y a des artistes qui exploitent  immédiatement un filon qu’ils viennent de découvrir, moi, je suis du coté contraire. En 1957, je suis arrivé à Saint-Paul de Vence et je peignais à l’aquarelle, je passais mes journées dans ou autour de Saint-Paul et il était rare que je rentre le soir avec une aquarelle, toutes étaient vendues, j’ai, pendant 4 ans, exploité ma façon de peindre à l’aquarelle, chaque exposition était une réussite et j’aurais pu en vivre sans problème. Mais, voilà, j’ai cherché dans un autre domaine … Donc, le conseil que je pourrais donner est que un peintre doit se cantonner dans l’activité qu’il exploite et la faire évoluer lentement pour y habituer son public.


Quelles sont les réactions du public quand il est face à vos toiles ?

Depuis 2002, je présente régulièrement mes créations soit en Salons, soit en exposition privée soit sur Internet. Tous mes visiteurs sont agréablement surpris par ce qu’ils voient et me font part de leur enthousiasme. Cela provient peut-être du fait que j’ai un peu quitté le surréalisme-symbolique pour aborder le surréalisme-anecdotique et je me complais à peindre les situations amusantes de mon environnement.


Est-ce que vos oeuvres se vendent le plus lors d'exposition ou plutôt dans votre atelier, lorsque les gens viennent vers vous ?

Depuis que je me suis installé sur Internet, j’ai réduit  les participations «  expositions »  à une manifestation par an car  je dois reconnaître que les contacts Internet sont très bons, ikls permettent d’offrir un nombre important de créations aux visiteurs de mes sites.Evidemment, il manque le contact humain, l’entretien direct mais comme je suis d’un naturel réservé, je me livre plus facilement sur mes sites.


9) De toutes les récompenses et prix que vous avez eus, laquelle a été la plus importante ou mémorable pour vous ?

Lorsque j’ai exposé pour le Lion’s Belge en 1984, j’ai remporté le premier prix : une bouteille de champagne et une boite de cigares !!Mais comme j’étais malade à cette époque, je n’ai pu assister à la remise des prix, c’est un ami qui m’a remplacé…il a bu le champagne et fumé les cigares !!! Ma peinture aura fait un heureux … et j’ai vendu la toile exposée … deusième heureux. La valeur d’une récompense ou d’ un prix est toujours fonction de la difficulté à l’obtenir et toutes les médailles , coupes, prix reçus m’ont été accordés parcequ’il n’y avait pas mieux que ce que je présentais.Je n’y attache donc pas beaucoup d’importance.



Propos recueillis par Pascal Caillens le 12 mars 2011.


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